L’homme oublié.

Il marchait lentement, d’un pas boiteux, d’un air lasse, d’un sentiment triste. Il marchait au ralenti, comme si il voulait faire une pause dans sa vie. Penser à ce qu’il es. Ce souvenir de qu’il était. Réfléchir à ce qu’il sera. Il avançait les yeux et le ventre vide. Le visage défoncé par les années, déformé par ces durs journées.
Il tenait en ses mains salies d’horreurs, des sacs contenants quelques affaires personnelles, qu’il protégeait comme si cela constituait tout ce qu’il lui restait.
C’était un homme d’une soixantaine d’années qui déambulait. C’était un homme qui était là depuis vingt ans. Tous les jours il faisait le même trajet, passant par les même rues, portant les même sacs, les même vêtements, les même chaussures, les même expressions sur son visage. Ses jours étaient constitués d’habitudes qu’il devait effectuer. Il en était obligé. S’assoir dans un coin, s’adosser au mur, attendant que quelqu’un lui vienne en aide. C’était son quotidien. Il n’a jamais bien compris comment il en était arrivé ici.
Son cerveau ne fonctionnait plus très bien. Ses souvenirs se mélangeait souvent, faisant des histoires plus très cohérentes. Sa femme partie, ses enfants disparus, son coeur meurtri, son corps dans la rue.
Il mentionnait une certaine « Anne », un amour perdu, un amour déchu. Il parlait d’une femme qu’il avait tant aimé, qu’il avait tant désiré, depuis toutes ces longues années. Il racontait des souvenirs qu’il commençait à oublier. Il ne finissait pas ses phrases, il cherchait ses mots.
Cette vie l’avait rendu malade. Elle l’avait fait dégringoler jusqu’à terre. Sa tête dysfonctionnait, son esprit disparaissait. Il n’était plus vraiment lui même. Les voix dans sa tête étaient présentes et il leur répondait, parfois, sans se rendre compte de ce qu’il faisait.
C’était un homme abandonné. C’est un homme oublié.

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Jolie muse.

Tu règnes
En reine
Dans un esprit farfelu
Dans une âme tordue.

Tu trônes
Tu prônes
Que tu seras libre
Que tu voudra vivre.

Tu assures
D’un geste sûr
Que tu veux de moi
Je t’apprend
Que, respectivement
J’ai envie de toi.

Ma Beauté
Dans un corps envenimé,
De désirs mortels
De plaisir cruels,
Tu t’affirme
Doucement je m’incline.

Jolie muse
Tu envoûtes
Quelque chose en moi
Que je ne connais pas.

Viens

Je m’adapte, je compose
Quelques vers de prose quand je suis en osmose.
Elle tourbillonne dans mon esprit,
Un petit verre de paradis.
C’est sa tête sur mon bras,
Mon corps qui cris tout bas:
Viens
Viens
Rapproche toi,
Tout près de moi.
Viens
N’ai pas peur à présent
Je suis là pour longtemps.
Viens
Viens
Je t’attend,
Que faisais-tu depuis tout ce temps?
Est-ce que tu m’entend?
Je murmure,
A coup de pieds dans les murs,
Que je n’attend plus que toi
Assise à côté de moi.

La jeunesse se l’a joue poétesse

Un poème m’a t’on demandé,
De ma plus belle écriture, il est exigé.
Mes doigts glissent au ralentis sur mon clavier,
Sans que je ne sache encore, où vais-je m’aventurer.
Parler ou bien penser,
Ecrire ou bien traduire.
Milles lettres sont requises,
Sans réelle maîtrise acquise,
J’acquiesce et me lance,
Dans un divin mélange, je m’avance.
Pas d’amour, ni d’humour,
Pas de mort, ni de corps.
Délicatesse et maladresse,
La jeunesse se l’a joue poétesse.

Rend moi ce qui m’appartient.

Tu sais, j’ai mal au cœur depuis que tu est partit. Je m’en suis jamais vraiment remise. Comme une vieille blessure que l’on entaille encore et encore. T’avais pas le droit de partir et de me laisser en plan avec des sales souvenirs de ton sourire. Tu t’es tiré et tu as emporté avec toi des fragments d’une âme que tu as oublié dans un coin. Tu m’as laissé de côté, rangé dans une boîte. Affaire classée.

Tu as oublié qu’il y avait quelqu’un dans ce foutu monde, qui t’aime plus que tout.

Trop obnubilé par tes envies tu as délaissé le coeur que tu avais saisi.

Tu as gagné, j’approuve. J’ai jamais su te résister. J’ai jamais su faire face à toi et tu le sais. Tu aimes avoir une certaine emprise sur moi. Et tu en joue très bien. C’est toi qui tiens les ficelles, elles sont bien raccordées. Pendant que je titube et que je perd pied, tu me délaisse pour mieux m’accrocher. Tu sais que je reviendrais.

Je crois que je me rend compte enfin de l’ampleur de mon amour et c’est terrifiant. C’est pas beau à voir. Ça m’fait tellement peur d’aimer quelqu’un si fort. Comme si plus rien ne pouvait rivaliser face à tout cet or.

Et j’en ai pleuré, crois moi. J’en ai oublié tes rires, à toi. J’ai perdu la couleur de tes yeux, dans le bleu des cieux. J’ai oublié le sons de ta voix, dans des chaos sournois. Le souvenir de ton corps sous mes mains, s’est envolé un matin.
Apprend moi à faire comme toi, montre moi comment on fait pour oublier quelqu’un que l’on est censé aimer. Comment tu as pu passer si vite?